Idées reçues, alors vrai ou faux ?

Le label Zéro Résidu de Pesticides est en fait de l’agriculture raisonnée.

FAUX

C’est bien plus que cela car les producteurs ont une obligation de résultat. Leurs cultures sont soumises à des analyses qui doivent prouver l’absence de résidus de pesticides quantifiables.
Lorsque des producteurs engagés choisissent d’utiliser un pesticide chimique, ils le font certes, selon un des principes de l’agriculture raisonnée : la juste dose, au bon endroit. Mais, contrairement à l’agriculture raisonnée, le producteur engagé devra vérifier que le pesticide appliqué n’a pas généré de résidu.

Les méthodes culturales sont donc bien plus complexes qu’en agriculture raisonnée.

Les méthodes pour arriver au Zéro Résidu de Pesticides sont-elles les mêmes qu’en BIO ?

VRAI, en partie.

Les agriculteurs « bio » ont été pionniers dans ce domaine et nous nous sommes inspirés en partie de leurs méthodes. Parmi elles, l’utilisation de pesticides d’origine naturelle, les lâchers d’insectes auxiliaires. Les plus connus sont les coccinelles pour éliminer les pucerons

mais pour les tomates par exemple, ce sont les macrolophus qui vont venir à bout de la mouche blanche.
En revanche, contrairement au bio, dans le cahier des charges Zéro Résidu de Pesticides ne figure pas, actuellement, l’interdiction d’utilisation d’engrais chimiques.
A noter : de nombreux producteurs sont engagés dans une démarche de certification environnementale (52%) et 25 % étaient certifiés « Haute Valeur Environnementale » en 2019. Cette certification atteste de la mise en place, par les agriculteurs, de nombreuses mesures de protection de l’environnement comme adapter la fertilisation aux stricts besoins de la plante, mettre en place des couverts végétaux entre deux cutures pour protéger le sol, intégrer des légumineuses dans les rotations de cultures pour enrichir le sol en azote et nourrir la culture suivante, etc.

Les cultures en Zéro Résidu de Pesticides ont un rendement plus faible qu’en agriculture conventionnelle.

VRAI et FAUX

Dans certains cas, pour une culture de fraises par exemple, avec une conduite culturale en Zéro Résidu de Pesticides qui se passe bien (les méthodes de lutte biologique sont efficaces et parviennent à contrôler les ravageurs), le rendement ne va pas être affecté.
En revanche, si des ravageurs apparaissent en fin de cycle sur une partie de la parcelle et qu’ils ne sont pas traités pour rester dans le cahier des charges Zéro Résidu de Pesticides, alors le producteur sait qu’il devra faire face à une baisse de rendement.

Autre exemple, avec la culture de carottes : le choix du désherbage mécanique implique que le producteur accepte quelques mauvaises herbes, ce qui n’aurait pas été le cas avec un désherbage chimique. Ces quelques mauvaises herbes créent une concurrence avec les carottes et va affecter le rendement.

De même l’absence de protection insecticide contre la mouche de la carotte entraine régulièrement des dégâts et des pertes de rendements…

Dans tous les cas, les producteurs qui s’engagent dans la démarche Zéro Résidu de Pesticides prennent des risques, ils tolèrent la présence de ravageurs ou de maladies qui peuvent avoir des conséquences sur leurs rendements…

Les variétés cultivées en Zéro Résidu de Pesticides sont les mêmes que les variétés cultivées en agriculture conventionnelle.

PAS FORCEMENT

Pour certains fruits, légumes ou céréales, les producteurs vont préférer utiliser des variétés résistantes à certaines maladies. C’est le cas par exemple de la pomme « Ariane® », moins sensible à la tavelure, le champignon le plus dévastateur dans les pommiers.

Sur d’autres cultures, d’autres méthodes que le choix variétal vont être privilégiées et on retrouvera donc les mêmes variétés qu’en agriculture conventionnelle.

Le label Zéro Résidu de Pesticides est un label privé

VRAI

Le label est aujourd’hui l’initiative d’un collectif privé d’agriculteurs, comme l’ont été d’autres labels avant lui, qui ont ensuite obtenu une reconnaissance de l’État.
Actuellement, les producteurs, les stations de conditionnement (fruits et légumes), les silos (pour les céréales), les caves (pour le vin) et les structures commerciales engagés dans le Zéro Résidu de Pesticides sont néanmoins audités par un organisme de contrôle (Kiwa). Ce dernier vérifie que chacun répond à toutes les exigences du cahier des charges du label Zéro Résidu de Pesticides.

Les représentants du Collectif Nouveaux Champs sont en contact avec les ministères de l’agriculture et de l’environnement. Le ministre de l’agriculture a d’ailleurs salué le travail des agriculteurs engagés dans la démarche Zéro Résidu de Pesticides. Affaire à suivre…

La production d’un agriculteur engagé en Zéro Résidu de Pesticides est jetée si une analyse révèle la présence de résidus de pesticides

FAUX

Que ce soit pour des fruits et légumes, des pâtes ou du vin, si les analyses quantifient un résidu de pesticide, ils ne pourront pas être vendus avec le label mais si les Limites Maximales de Résidus ne sont pas dépassées (ce qui est le cas la plupart du temps), ils seront commercialisés avec les produits de l’agriculture conventionnelle. Cela permet aux

producteurs de ne pas subir une perte lourde de revenus en cas de non-conformité au cahier des charges Zéro Résidu de Pesticides et de ne pas gaspiller des fruits, légumes ou céréales.

Les produits Zéro Résidu de Pesticides sont plus chers que les produits de l’agriculture conventionnelle

VRAI

car l’utilisation de méthodes alternatives aux pesticides chimiques est plus couteuse et nécessite plus de main d’œuvre. Les producteurs doivent ensuite être rémunérés proportionnellement à leurs investissements.
Exemples de méthodes plus coûteuses qu’un traitement avec des pesticides chimiques : les lâchers d’insectes auxiliaires, les interventions mécaniques (éclaircissage, désherbage par exemple) qui nécessitent beaucoup de main-d’œuvre.

On ne peut pas trouver en magasins des fruits et légumes Zéro Résidu de Pesticides en vrac ?

Vrai

pour l’instant…, car la plupart des fruits, légumes ou céréales labellisées Zéro Résidu de Pesticides sont commercialisées en grandes surfaces et il existe un risque de contamination par des résidus de pesticides présents dans d’autres espèces végétales.
Le sujet fait néanmoins l’objet de réflexions au sein du Collectif Nouveaux Champs.

On peut facilement convertir sa culture en Zéro Résidu de Pesticides

FAUX

car la mise en place de l’itinéraire technique qui va permettre de garantir des fruits, légumes ou céréales Zéro Résidu de Pesticides prend du temps.  Pour les producteurs déjà engagés dans une réduction des pesticides chimiques, cela peut aller plus vite mais il faudra quand même réaliser des essais, trouver de nouvelles méthodes culturales, etc.
Dès sa création, le Collectif Nouveaux Champs a mis en place des groupes de travail techniques, par espèce végétale, qui permettent aux producteurs d’échanger sur les méthodes culturales les plus efficaces pour arriver au
Zéro Résidu de Pesticides.

On peut être Bio et Zéro Résidu de Pesticides

VRAI sur le principe

si le producteur labellisé bio réalise des analyses de résidu sur sa production.
Actuellement, le cahier des charges de l’agriculture biologique n’impose pas ces analyses de résidus de pesticides.

Les cultures Zéro Résidu de Pesticides sont parfois traitées avec des pesticides chimiques ?

VRAI mais…

l’objectif de la démarche est d’en utiliser le moins possible, voire pas du tout, tout en garantissant un résultat : l’absence de résidus de pesticides.

En cas de besoin, si l’agriculteur ne vient pas à bout d’une maladie par exemple, ou si les fruits ne sont pas encore apparus, il peut utiliser un pesticide chimique mais les analyses permettront de vérifier l’absence de résidu de pesticides au moment de la récolte.